Corpus de textes Rosette

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Obélisque de Monte Citorio (Rome) (FR - 242)


Classe : Obélisque

Obélisque de Monte Citorio




Vues détaillées

 
 
 
Le pyramidion est coiffé d'une sphère.
    Face sud             Face est               Face nord             Face ouest


Le socle du monument porte une dédicace latine :  


« IMP CAESAR DIDI R AUGUSTUS
PONTIFEX MAXIMUS
IMP XII COS XI TRIB POT XIV
AEGUPTO ON POTESTATEM
POPULI ROMANI RED ACTA
ISOLIDONUM DEDIT ».

« PIUS PONT MAX
OBELISCUM REGIS SESOSTRIDIS
A C CAESARE AUGUSTO
HONORUM INDICEM
IN CAMPO STATUTUM
QUEM IGNIS VI
ET TEMPORUM VETUSTATE
CORRUPTUM
BENEDICTUS XIIII P M
EX AGGESTA HUMO AMOLITUS
RELIQUERAT SQUALORE DETERSO
CULTUQUE ADDITO
URBI CAELOQUE RESTITUIT
ANNO MDCCXCII
SACRI PRINCIPATUS EIUS XVIII ».
   

Planches de Bandini

in De obelisco Caesaris Augusti Campi Martii ruderibus nuper eruto commentarius, 1750
   
   

« 4° Obélisque de Monte Citorio:
Dédicace d'un temple et de l'obélisque au dieu Dgom (le Mars et l'Hercule égyptien) par le roi Psamméthicus, de la XXVIè dynastie ».

(J.-Fr. Champollion - manuscrit du musée de Mariemont)

Le monument [E. Iversen, I, p.142-160] en granit rouge de 21,50 à 23,80 mètres de haut [B. Lambrecht, p.43], selon des estimations, est initialement destiné au temple de Rê à Héliopolis. Selon les inscriptions gravées sur le fût, le monolithe de la XXVIè dynastie date de l'époque de Psammétique II (595-589 av. J.-C.) (Nefer-ib-Rê). Enlevé d’Égypte en 24 avant J.-C., il a été érigé au Champ de Mars sous Auguste en 10 avant J.-C. Il fait office de cadran solaire [Pline], son ombre portant sur un pavement de mosaïques représentant les vents et peut-être les signes du zodiaque. Il porte la même dédicace latine que l'obélisque de la Piazza del Popolo [J. Yoyotte et als, p.244]. Gravée sur le piédestal, l'inscription indique que le monument a été voué au culte du soleil [A.-K. Selim, p.252].

Il a connu le même destin que les autres obélisques : enseveli, il a été remis à jour en 1502 (la base ayant été redécouverte en 1475). En 1748, l'obélisque est définitivement dégagé et, en 1792, sous le pontificat de Pie VI, érigé à la Piazza di Montecitorio [A. Roullet, p.79].

Trois faces de l'obélisque sont demeurées intactes : sud, est et ouest. Sur la face sud, Psammétique II, représenté sous la forme d'un sphinx accroupi, offre un pain seped au dieu Rê-Harakhty assis. Sur la face est, le roi, en sphinx accroupi, présente un pain seped à Atoum assis. Sur la face ouest, le souverain, toujours en sphinx accroupi, offre une statuette de Maât à Rê-Harakhty assis [A.-K. Selim, p.253-254].

J.-Fr. Champollion pense que le monolithe est dédié à un dieu qu'il nomme
Dgom et qu'il considère comme l'Hercule égyptien. La même assimilation se retrouve dans son Panthéon... [J.-Fr. Champollion, pl. 25 et 25a]. L'égyptologue commente deux planches consacrées à la divinité qu'il appelle Djom, Djem, Gom, voire Sem, Chôn, l'Hercule égyptien. Il se fonde notamment sur Hérodote (485-425 av. J.-C.) [Hérodote], sur Diodore de Sicile (1er s. av. J.-C.) [Diodore de Sicile], et aussi sur Plutarque (46-120 ap. J.-C.) [Plutarque], pour définir ce Hercule égyptien. Mais les images accompagnant le commentaire sont inspirées notamment de représentations figurées égyptiennes provenant des tombeaux de Séthi Ier et de Ramsès III dans la Vallée des Rois et du grand temple de Ramsès II à Abou Simbel. J.-Fr. Champollion explique : « ... les formes variées que les Égyptiens donnèrent à leur Hercule. Ce Dieu est figuré sous une apparence toute humaine, et porte ordinairement sur sa tête, ou dans sa main, une longue feuille ou plume, dont la partie supérieure est arrondie et recourbée. Ses chairs sont constamment rouges, et l'Hercule-Égyptien, comme l'a dit Plutarque, accompagne, en effet, presque toujours le Dieu Phrê (le Soleil), lorsque cette grande Divinité est suivie, sur les monuments, par ses divers Parèdres ». ... « Nous apprenons enfin par Plutarque, dans son Traité d'Isis et Osiris, que les Égyptiens croyaient que leur Hercule habitait le disque solaire, et qu'il faisait avec cet astre le tour de l'univers ». Le texte hiéroglyphique qui accompagne les eux images publiées dans le Panthéon de Champollion éclaircit la question et montre que nous avons affaire à Shou coiffé d'une plume d'autruche, d'une part, et à Shou-Onouris portant deux hautes rémiges inscrites dans un mortier, d'autre part. L'assimilation de Shou à Héraklès/Hercule s'explique peut-être par deux éléments iconographiques. Il n'est pas rare de voir le dieu égyptien, les bras levés, soutenant la voûte céleste incarnée par la déesse Nout. Hercule n'a-t-il pas supporté un moment la sphère étoilée soutenue habituellement par Atlas [E. Vinet, "Atlas", dans Daremberg, 1, 1, p. 527] ? Les passagers de la barque transportant le dieu solaire Rê au cours de son périple nocturne varient selon les représentations. Parmi eux figure souvent un personnage portant une plume d'autruche sur la tête semblable à celle de Shou. Il s'agit de Maât, incarnation de l'ordre cosmique. Héraklès vogue, lui aussi, lorsqu'il emprunte au soleil la coupe sur laquelle celui-ci revient toutes les nuits d'Occident en Orient [F. Dürrbach, "Hercules", dans Daremberg, 3, 1, p. 93].
Sur l'obélisque, l'offrande de l'icône de Maât et la petite plume qu'elle porte sur la tête associée aux évocations du soleil, Rê-Harakhty et Atoum, sont-ils les éléments qui ont conduit J.-Fr. Champollion à l'identification qu'il propose ?

Les hiéroglyphes constituant le nom de Shhou laissent le savant perplexe. Il propose Dgom ... en hésitant. Pourtant le savant était proche de la bonne lecture. Dans le commentaire des planches 25 et 25a du
Panthéon, il fait observer que « le nom de l'Hercule égyptien se terminant par une voyelle ou une diphtongue dans l'écriture sacrée, et paraissant peindre pltôt les sons sou, soou, ou gaoû, que djom ou djem, le hasard peut, d'un instant à l'autre, décider cette question, en nous fournissant le moyen de déterminer la véritable valeur alphabétique du premier hiéroglyphe de ce nom divin ».

(Texte original de Marie-Cécile Bruwier)

Compléments aux données muséographiques :

Localisation : Rome
Source : Héliopolis

Avancement : Crédits photos : Roberto Villa et Raymond Monfort

MdC : incomplet
Translittération : incomplet
Traduction : incomplet

Créé le 10/10/2016, pas encore publié


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Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait (Mark Twain)